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L’association les
murs d’Aurelle existe depuis 1991, elle assure le fonctionnement de la Maison
des Expressions : lieu de pratiques artistiques, réservé aux personnes
qui ont croisé ou croisent le soin psychiatrique. C’est un projet à
l’articulation du soin, de la création artistique, de la recherche et de la
transmission à des personnes en devenir professionnel. Tout ce travail a
été possible pendant 14 ans grâce à un dispositif de collaboration
conventionnée entre le CHU et l’association s’inscrivant directement dans la
mise en application de l’article 93 de la loi du 4 mars 2002 – relative aux
droits des malades et à la qualité du système de santé. |
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Aujourd’hui la convention
qui nous liait avec le CHU depuis 1992 n’a pas été reconduite au 1 janvier
2006 dans des conditions de pression évidente. Nous avons donc quitté
l’hôpital pour poursuivre nos activités dans un local au centre ville de
Montpellier. A présent, nous poursuivons la programmation
d’ateliers hebdomadaires (écriture, musique et théâtre), nous développons des
actions dans d’autres établissements hospitaliers en région (CH François
Tosqueilles à Saint Alban) et pensons le futur projet du théâtre de
l’expérience dans la continuité de Le 20 Lenz traversa
les montagnes, crée au théâtre de la Vignette,
Université Paul Valéry en octobre 2006. |
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Les témoignages : (reçus
lorsque l’association travaillait avec le CHU) Ce qui est proposé
à la maison des expressions est unique dans le sens ou ce qui y entrent
quittent à l’instant même ou ils en franchissent le seuil cette mortifère
étiquette de « malade » pour rejoindre un statut de sujet. Les
artistes qu’ils y rencontrent sont dégagés de cette vision forcement
réductrice de soignants encombrés de questions diagnostiques ou pronostiques. M. Cagna psychologue
CHU Montpellier Le travail de
qualité engagé depuis plus de dix ans par la Maison des expressions est
respectueux des étudiants en formation initiale, des enseignants que cette
expérience unique en son genre nourrit tant au plan de l’enseignement qu’au
plan de la recherche et enfin, mais est-il besoin de le dire ;
respectueux des patients qui ont trouvé à la Maison des expressions
compréhension, espoir, responsabilité et dignité. B. Leroy- Viémon Maitre
de conférence en psychologie clinique/ Université Paul ; Valéry Il est si rare de
rencontrer, dans le monde psychiatrique, des lieux si vivants, appréciés des
malades, reconnus dans la communauté de la culture comme dans celle de la
recherche, véritable « fenêtre » au sein de votre établissement… V. Estellon Maitre
de conférence psychopathologie clinique Université de Poitiers Je souhaite vous
convaincre de l’utilité et de l’importance que je porte à ces activités à la
vie de cette association et tout ce qu’elle m’apporte, ma motivation ne date
pas d’hier et elle émane de moi : cela m’a permis de sortir de mon
isolement ,de côtoyer d’autres personnes, de travailler en groupe, de
m’exprimer, de m’extérioriser, de nouer des relations…Faire des découvertes,
s’étonner, c’est un beau cheminement vers la liberté retrouvée, c’est
reprendre possession de tous ses moyens et c’est merveilleux de se sentir
vivre. V. Cornée participante
aux ateliers Durant ce temps
j’ai pu mesurer le professionnalisme et l’importance d’une telle structure au
sein d’une institution hospitalière… M. Monnier chorégraphe
directrice du centre chorégraphique Montpellier Au moment où la
société civile est invitée à participer à certaines missions de service
public et à la gouvernance des dispositifs et politiques publics, il serait
dommageable de se priver du concours et de la richesse des expériences
acquises d’une association autant impliquée. C’est un capital social et de
compétences qui s’est ainsi constitué et on sait maintenant que sa
valorisation est irremplaçable dans les nouvelles politiques sociales. A. Marchand Professeur
des Universités en sciences économiques Montpellier 3 En tant que
directeur du service d’accompagnement et du foyer occupationnel Héliokos de
l’APEAI Font –trouvée, je vous
transmets l’énorme inquiétude, l’angoisse et la déception que cela suscite
auprès des usagers du service comme des résidents du service. Beaucoup
d’entre eux sont inscrits depuis 15 ans dans les différents ateliers et cette
pratique de réseau que nous développons entre les différentes institutions
médico-sociales et sanitaires, a permis à nombre de personnes handicapées une
réinsertion possible à travers cet étayage d’une rare qualité. P. Baelde Directeur |
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Résister dans l’espace public Plusieurs questions se posent pour ne
pas déserter un espace qui est aussi le nôtre, celui d’une mission de service
public que nous remplissons depuis de nombreuses années. Nous ne pouvons nous aligner sur les
objectifs affichés par « la nouvelle gouvernance » du CHU, à savoir
donner plus d’importance à l’image de marque de ce qui est fait plutôt qu’au
contenu de ce que l’on fait et surtout inféoder ce que l’on fait à une
logique économique qui marginalise de plus en plus toute forme de différence. Mais dans ce contexte comment
continuer à travailler dans le respect des objectifs que nous nous sommes
fixés sans être obligés de faire des concessions telles qu’elles les mettraient en péril ? D’autant que cette
situation nous mets également dans des difficultés institutionnelles parfois
ingérables du point de vue d’un positionnement à l’intérieur. Faire de l’art si cela ne doit rien
changer à la vie, alors pourquoi ? Les artistes doivent-ils, soit
appartenir à l’industrie de la culture soit se retirer dans une tour
d’ivoire ? La pratique artistique ne s’inscrit-elle pas dans le champ du
social ? et là cela devient une question politique. Toutes ces questions nous ont amené à tisser des liens entre différents
lieux de pratique artistique qui existent depuis de nombreuses années à
l’intérieur des hôpitaux psychiatriques pour pouvoir fédérer nos expériences
et à partir de là revendiquer notre travail. Nous affirmons la spécificité et
la lisibilité d’une pratique artistique en milieu psychiatrique ; avec
l’appui d’une charte qui est en train de s’écrire entre ces différents lieux.
Le 3 bis F à Aix en Provence, Arimage à Corbeil-Essonnes, Art et Déchirure à
Rouen,institut marcel Rivière à La Verrière, Brut de Béton au Puy en Velay,
Centre Frontières à Lille, Les ateliers de Montfavet et il doit sans doute en
exister d’autres. La diffusion de cette charte s’est faite autour d’un
évènement officiel et fondateur à Aix en Provence le 25 Octobre 2006. |