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LEVRES NUES

En tout premier lieu il y a la rencontre entre Pascale Labbé (chanteuse) et chacun des participants, autour d’une démarche créatrice qui ne comporte aucune recette. Etre là, ensemble, dans la  relation, créatifs, vivants, participants à une entreprise expérimentale qui invente ses propres solutions

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PRESENTATION

Cette exploration de tous les possibles de la voix se fait au sein d’un atelier hebdomadaire intitulé corps et voix (dans une articulation avec un engagement corporel proposé par Françoise Prud’hon, psychomotricienne ).  Au fil des semaines les participants accumulent des matériaux sensibles autour d’un travail de voix parlée, voix chantée, lue ou
récitée, et aussi voix grave et voix aigue, précipitée ou retenue…On explore tous les bruits de bouche: souffle, pleurs, toux, cris, baisers, soupirs, gémissements, baillements, ….dans une atmosphère ludique d’où le rire et l’humour ne sont pas exclus. Les traces s’inscrivent directement dans les mâchoires, les palais, les gorges. Deux années avec une vingtaine de participants pour échapper à la justification par le sens et s’installer “simplement” dans une pratique du son.

C’est à partir de cette pratique d’atelier que l’idée de faire une production audio nait.

En juin 2001, à l’invitation de Pascale Labbé, Hughes Germain crée une installation dans la Maison des expressions où enregistrements et diffusions directes se superposent, s’arrangent et se modifient aux grès de différents effets. Le son se déploie dans tout l’espace du second étage, ainsi qu’à l’extérieur du bâtiment.

L’extérieur, sortir devient alors une nécessité de création.

Dans un premier temps cela se concrétise par la venue de musiciens contactés par Pascale Labbé reconnus dans leur pratique d’improvisateur: rencontres sur une journée par mois qui vont se dérouler d’octobre 2001 à juin 2002.
Gilles Dalbis, percussioniste, inaugure ces journées s’appuyant sur les fondements de l’improvisation  : un temps pris entre un début et une fin ponctué d’évènements musicaux, plutôt rythmiques.
Olivier Benoît,  guitariste, apporte  un jeu en destructuration qui paradoxalement fonctionne comme une invitation pour les chanteurs à préciser leur ligne mélodique.
La troisième rencontre se fait avec un anglophone, présent en France déjà depuis six ans, mais dont la première langue reste la musique. La rencontre entre Paul Rogers, indissociable de sacontrebasse et le groupe est quasi existentielle, évidente.

Par la suite, les propositions vocales de Pascale Labbé trouvent écho dans le travail du souffle de Christophe Rocher, clarinettiste.
Les participants ont pour la première fois des instruments à leur
disposition (tuyaux de toutes sortes et de toutes tailles ) avec lesquels ils peuvent créer des sons mais aussi moduler leur voix.
Ensuite la musique modale de Christian Zagaria s’immisce dans cet espace d’expérience. Il proposera un travail sur les couleurs, comme départ à l’improvisation, engageant les voix à s’affiner sur le son émis par la vibration des cordes de son violon.
Après Christine Bertocchi qui fait profiter le groupe de son expérience de comédienne pour travailler la diction , Christine Wodrascka nous entraine ailleurs dans un atelier de piano. Cette excursion-incursion dans le monde des cordes provoque la rencontre entre le métallique du piano et le musculaire de la voix. Cordes tirées, frappées, frottées et martelées …du piano à queue.

L’autre façon de rencontrer l’extérieur a été  de mettre en place durant une semaine du 10 au 14 juin 2002 ouvrir la bouche, une rencontre destinée à toutes les personnes vivant et travaillant à l’hôpital la Colombière à Montpellier : les patients, les médecins, les infirmiers, le personnel administratif et d’entretien…
Pensé comme une semaine de travail en commun, nous avons offert un espace et un temps où pouvait être expérimentée, vue, discutée la nécessité d’une création contemporaine au sein d’un lieu de soin. Nous avons débattu du choix délibéré de pratiquer l’improvisation dans une institution psychiatrique, argumentant sur ce qui pouvait être entendu et ce qui pouvait être dit. Insistant sur la nécessité de rompre avec toutes les représentations en se détachant de tout ce qui pouvait être écrit.
De se libérer de toutes attentes pour accepter la surprise jusqu’à renoncer aux idées.
Pratiquement, il s’agit de revenir à la simplicité radicale de l’expression vocale: qu’est ce qui se passe quand j’ouvre la bouche? ou même plus trivialement  quand “je l’ouvre ?”. ”L’ouvrir “c’est choisir ses mots sans contraintes, sans censures,c’est parler en son nom propre, seul(e) devant un micro, “l’ouvrir”c’est encore décider du registre, du temps que l’on s’accorde et du son que l’on émet.
Ces temps d’atelier improvisés à l’étage sont aussi, par choix de Pascale Labbé, ouverts à de jeunes musiciens amateurs qui apportent leurs questions , leur candeur, et aussi leur élan.

Enfin, la rencontre avec l’extérieur ( principe fondateur de l’association les murs d’aurelle) s’envisage  cette fois avec le public. En juillet 2002, Hughes Germain  installe son studio d’enregistrement dans nos locaux. Disposant de conditions professionnelles, il capte toutes les
émotions, les moindres tessitures. C’est à l’écoute des séquences montées, collées avec les enregistrements précédents réalisés pendant les rencontres, que le groupe arrive au bord du titre du CD, proposé finalement par Pascale Labbé, qui signe la direction artistique de Les lèvres nues.

 

les lèvres nues

les lèvres nues est distribué depuis janvier 2003 par Orkhêstra international ( ref. NU 1202 – prix :12,96 € ht). vous pouvez soit le trouver chez votre disquaire, soit le commander auprès d’ Orkhêstra international – marsingeas 24390 nailhac www.netculture.net\~ork

il est aussi possible de le commander auprès de l’association les murs d’aurelle. hôpital la colombière, 39 avenue charles flahault 34295 montpellier cedex 5, 04 67 33 99 52, mde@chu-montpellier.fr. (prix 16€ ttc port compris).