Ouvrir la bouche

OUVRIR LA BOUCHE

En janvier 2000 un atelier hebdomadaire s’est constitué autour d’une dizaine de personnes pour pratiquer l’improvisation.
concert au jam le 13 décembre 02

 

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Lors de ma première rencontre avec Françoise Prud’hon, j’ai voulu voir le lieu où nous allions travailler (le second étage du pavillon de la Maison des Expressions). J’ai eu l’impression d’un espace vide, très sonore ( à la manière des appartements inoccupés). D’abord deux grandes pièces et ensuite un long couloir donnant sur plusieurs petites pièces (d’anciennes chambres ?) le tout en enfilade permettant de voir, et d’entendre d’une extrémité à l’autre du bâtiment, pour peu qu’on ouvre toutes les portes. Deux images ont surgies alors. Mon école primaire d’abord, avec ses petits carreaux de ciment beige et marron fixés jusqu’à hauteurs d’enfants, inusables, pratiques… impossible d’y laisser aucune trace souvenirs d’ennui, de répétitions, d’immobilité, d’enfermement.

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La pavillon de la Maison blanche, ensuite où, jeune étudiante en psycho, j’ai travaillé tout un été. Pavillon surpeuplé cette fois ci, une télévision ouverte en permanence, mais toujours aucun souvenir de trace de vie intime, de créativité. Sentiment d’ennui, de répétition, d’immobilité, d’enfermement. L’art est pour moi une réponse à cette immobilité, l’art est pour moi une mise en mouvement, une tentative pour se sauver (dans tous les sens du terme). Je me suis dit qu’il faudrait qu’on arrive à donner vie à cet espace, à habiter ces lieux collectifs (les grandes salles) privés (les chambres) avec nos corps sonnants et sonores, que chacun puisse témoigner de son propre univers sonore, raconter sa propre histoire à travers les sons. Pascale Labbé